“Bonjour madame”
Pas de réponse : normal on est à Paris et qui plus est chez les bobos d’Abbesses… et chez eux le mot bonjour n’existe pas ou se marmone… Au choix. Sinon il y a les touristes. Eux ne répondent pas car sont soit des bobos d’ailleurs pas aimables ou bien n’osent pas.
“Je peux vous renseigner, vous chercher quelque chose de particulier ?”
Option charmante : ” j’regarde”
Option toute aussi charmante “vous avez quoi à moins de 20€ ? C’est pour un gamin que j’ai jamais vu. D’ailleurs je l’aime pas mais bon je suis un peu obligée de lui faire un cadeau”…
Enfin sinon j’ai quand même pas une majorité de “chieuses” (oups…) j’ai aussi des clientes formidables.
Laissez moi vous raconter une anecdote. C’était samedi. Deuxième week-end de soldes. Je suis seule à la boutique. Il pleut un peu, il n’y a pas grand monde.
Quand soudain… Une poussette suivie de 2 têtes blondes entrent. Puis un papa, une maman et leur premier petit bout, puis une autre poussette.
La boutique n’est pas bien grande, déjà on ne bougeait plus trop.
Pendant que je cherche une jupe en 10 ans pour une des têtes blondes, un papa me demande si j’ai des robes un peu habillé pour la communion de sa fille et une des maman me demande si c’est bon pour la pointure des chaussures.
J’arrive tant bien que mal à gérer, virevoltant entre les poussettes, évitant les voitures “majorette” d’une des têtes blondes, jonglant entre paires de chaussures et jupes.
Arrive le moment de payer pour l’une des famille : plus de papier CB.
Restons calme.
A moi même : “Nicole, tu les mets où les rouleaux… Alors si j’étais dans la tête de Nicole…”
Je devais avoir l’air vraiment désespéré car les papas se sont mis à chercher avec moi.
Imaginez la scène : les 2 papas m’aidant à cherches les rouleaux, une des mamans s’occupant des essayages cabine de la petite fille à la jupe (qui n’était pas la sienne, de fille) et les autres enfants qui jouaient ensemble avec les majorettes d’une des têtes blonde.
Je me suis arrêtée, 2 secondes et je me suis dit que quand même c’était chouette d’être à la boutique. Peu importe toutes les co…s qui ne disent “ni bonjour, ni pet, ni me…” comme disait ma maman, peu importe les journées parfois longues et pluvieuses… quand il y a des moments comme cela !
J’avais presque envie de les inviter à boire un verre !
Enfin voilà merci chères clientes, chers clients de votre fidélités vous êtes vraiment des amours !